RDC :A Paris, Félix Tshisekedi avait rencontré « discrètement « Jean-Paul Steinitz, patron de l’entreprise Global Technologies

Felix Tshisekedi veut remettre sur pied le grand réseau de faisceaux hertziens qui permettra de rétablir un service télécoms de qualité en RDC. 

Global Technologies est  le champion des télécoms dans les zones à risque. Fournisseur important de l’OTAN et de l’armée, cette ETI française discrète est spécialisée dans l’installation de réseaux télécoms dans les zones à risque (Afghanistan, Irak, Sahel…).

En marge du Sommet de Paris sur les économies africaines qui s’est tenu la semaine dernière, le président congolais Félix Tshisekedi a rencontré l’homme d’affaires Jean-Paul Steinitz, dont l’entreprise Global Technologies est spécialisée dans l’intégration de réseaux hertziens et télécoms en zone dégradée. Le groupe, qui réhabilite depuis l’an dernier le faisceau hertzien de la Société centrafricaine des télécommunications (Socatel), est également sous-traitant de la Minusma (mission des Nations unies au Mali) et installe, via sa filiale Metracom, des antennes VSAT (Very Small Aperture Terminal) pour l’armée française. Depuis l’année dernière, il est également sous-traitant de l’opérateur égyptien Nilesat ainsi que d’Algérie Télécom Satellite (ATS).

Global est un prestataire historique, avec Thales, du commandement de l’OTAN en Afghanistan, pour lequel il a opéré pendant dix ans des relais télécoms sous la protection de la société de sécurité privée GEOS. Le groupe de Jean-Paul Steinitz a perdu son accréditation secret défense en novembre dernier, comme l’a révélé Challenges.

La rénovation de réseau télécom  centrafricain

A 73 ans, Jean-Paul Steinitz en a encore sous la semelle. Mid-november 2020, en plein confinement, le patron de Global Technologies a déniché un jet d’affaires pour aller signer, à Bangui (Centrafrique), un contrat de rénovation de réseau télécom avec le président centrafricain Faustin-Archange Touadera. Sa mission : remettre sur pied un grand réseau de faisceaux hertziens, qui permettra de rétablir un service télécoms de qualité dans la partie sud-ouest du pays, et de rejoindre un câble sous-marin au large du Cameroun. « Ce réseau, construit il y a 40 ans, est dans un état critique, souligne Jean-Paul Steinitz.

«  Nous allons le rénover, et en profiter pour apporter Internet sur les 1.800 km du réseau, soit 40% de la population centrafricaine. » 

Avec ce contrat de plusieurs dizaines de millions d’euros, le groupe français s’est payé le luxe de devancer ses rivaux chinois et russes (Yandex). Une performance, vu le poids croissant de Pékin et Moscou en Centrafrique.

Le rôle d’intégrateur de Global Technologies 

Quasiment inconnu du grand public, Global Technologies est pourtant un des champions mondiaux des réseaux télécoms critiques. L’ETI, basée à Clichy (Hauts-de-Seine), est spécialisée dans l’installation d’infrastructures télécoms, avec une prédilection pour les zones à risque (Afghanistan, Somalie, Mexique, Irak, Sahel…). Global Technologies ne fabrique pas les équipements télécoms, comme les antennes : il les achète sur le marché, et joue le rôle d’intégrateur au profit de ses clients (opérateurs télécoms, armées, industriels…). Le groupe calibre ses réseaux selon le besoin de ses clients : il peut aussi bien intégrer les antennes satellites high-tech de l’américain Kymeta pour des réseaux destinés aux forces spéciales que des équipements chinois, type Huawei. 

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